(Courrier de lecteur paru dans la tribune de Genève)

Comme il est émouvant de voir nos parlementaires de droite, sur tout le spectre allant du centre vert-libéral à la droite la plus dure, s’émouvoir dans vos colonnes des révélations sur l’étendue de la fraude fiscale et en nier la réalité. A croire que l’angélisme a fini par changer de bord ! Si je ne peux que partager l’idée de M. Freysinger qu’il est préférable d’avoir une société de libertés au prix de quelques tricheurs plutôt qu’un Etat policier, je m’étonne que son raisonnement, partagé par les autres interlocuteurs, ne s’applique dans la pratique qu’aux seuls délinquants fiscaux, voire automobiles. Un libéralisme conséquent, qui ferait à raison la pesée d’intérêts entre la liberté individuelle et celui d’une bonne administration, ne saurait s’arrêter à la question des impôts. On peut penser aux assurances sociales pour lesquelles ces mêmes personnes entretiennent pourtant une hystérie collective quant à des prétendus « abus » massifs, parfaitement infondés au demeurant tant ils demeurent marginaux. Cet écart entre représentation et réalité est particulièrement patent dans le cadre de l’assurance-invalidité et l’on se prendrait à rêver à un peu plus de mansuétude à l’égard de ses bénéficiaires. Enfin, en appeler comme ils le font à la responsabilité individuelle et à la confiance est bien joli. Mais faudrait-il encore commencer par ne pas systématiquement chercher à saper le crédit de l’action publique, fondement de la confiance des citoyens dans le bon usage de leurs impôts et, partant, source majeure de civisme fiscal !