(paru dans le Sit-Info d'octobre 2010)

Les respectivement Président et Directeur de GENILEM ont une conception de la gestion d’entreprise, et du personnel, qui, à défaut d’être très originale, mérite d’être exposée comme un bel exemple d’un certain libéralisme économique en actes.

Après avoir obtenu le départ du précédent Directeur, coupable à son goût d’être trop lié à son propre prédécesseur, le plus humaniste de nos constituants a fait embauché, à l’été 2009, une marionnette, sinon compétente, au moins à lui totalement inféodée. Si cette dernière qualité ne s’est jamais démentie chez notre hypo manager, incapable de prendre une décision avant d’en avoir référer au maître, ses limites professionnelles n’ont pas tardé non plus à se manifester. Totalement dépassé par les événements, il a rapidement cherché à faire porter son fardeau sur ses six collaborateurs et collaboratrices. Face à l’incurie répétée de leur chef, plusieurs salarié-e-s ont fini par s’en inquiéter auprès de leur employeur, le Conseil de fondation, ce qui a valu déjà à deux d’entre eux d’être licenciés en février de cette année - avec erreur dans le calcul du délai de congé mais c’est un détail. En dépit du caractère parfaitement abusif de ces licenciements, les membres du Conseil n’ont pas osé revenir sur cette décision dès lors qu’elle avait été avalisée par Genghis Kunz. Et comme pour ce dernier, reconnaître ses erreurs est définitivement une attitude de gonzesses, dont on sait aujourd’hui qu’elles ne sauraient vraiment être considérées comme l’égal de l’homme, il était plus qu’illusoire d’espérer de ce vrai mâle qu’il ait la faiblesse extrême d’en corriger ne serait-ce qu’une seule, d’erreur on s’entend. Toutefois, le ridicule, même si l’on sait à quel point il est inoffensif à ces messieurs, étant quelque chose qui les interpelle dans sa potentialité, un accord à l’amiable a pu être trouvé avec les deux salariés, et avec, dans un cas, l’aide active de la FER. Au prix de quelques mois de salaire, GENILEM s’évitait ainsi des procédures qui n’auraient pas manqué de lui valoir une publicité peu flatteuse. L’exercice a du être répété quelques mois plus tard avec une autre salariée qui ne pouvait plus voir le tandem de choc, ne serait-ce qu’en peinture. Entre temps, une quatrième personne donnait également sa démission, de guerre lasse et sans même demander son reste.

Le libéralisme selon Pierre Kunz

Face à tant de « défections », pouvait-on s’attendre à un début de remise en question ? Que nenni ! Et bien au contraire : dans l’édition d’octobre de PME-Magazine, celui qui est appelé aujourd’hui l’ « homme orchestre », puisqu’il prétend assumer l’entier du travail de ses anciens subalternes, donne une interview auto glorificatrice avec la complaisance d’un journaliste sans scrupules, qui à sa décharge est l’employé d’un média partenaire de GENILEM ; article dans lequel le Directeur crache allégrement sur ses anciens collaborateurs et collaboratrices. Outre que cela n’est pas très très joli, le problème est que les conventions signées entre GENILEM et plusieurs salarié-e-s prévoyaient expressément que « les parties s’engagent à garder confidentiel le contenu de la présente convention et à s’abstenir de tout dénigrement l’une envers l’autre, ainsi que de tout commentaire dans la presse et dans les médias sur leur séparation ou les modalités de celles-ci ». Ce qui vaudra à notre brillant manager une plainte pénale pour diffamation et des dommages et intérêts pour non-respect de la convention. Et comme on ne peut imaginer qu’il ait agi sans la bénédiction de son Président, on constatera que, confondant une nouvelle fois Adam Smith et Carl Schmitt, PK pour les intimes, aura fait preuve dans cette histoire d’autoritarisme, de népotisme et de non-respect de la parole donnée, ce qui est une vision assez particulière, même si assez répandue, du libéralisme. Mais peut-être est-ce parce que GENILEM est une fondation fortement subventionnée, par des organismes publics notamment, qu’il se permet de lui appliquer des méthodes aussi peu orthodoxes… ce n’est en fin de compte que l’argent du contribuable qu’il gaspille…libéralisme toujours.