(est)éthique - blog de Julien Dubouchet Corthay

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Grand conseil 2013

Petit journal de campagne, sans curé.

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lundi 16 septembre 2013

Emplois de Solidarité: le temps de la réforme

La grève d’employés de solidarité (EdS) au sein de l’entreprise Partage (voir le site du SIT pour plus d'infos), qui dure depuis bientôt un mois, relance opportunément la question de la qualité de ce dispositif introduit lors de la révision de 2007 de la Loi genevoise sur les mesures cantonales (LMC). Si des dysfonctionnements propres à cette entreprise ne sont pas à exclure, force est de constater que les griefs avancés par les grévistes font largement écho à ceux soulevés depuis longtemps par nombre d’acteurs sociaux, dont le syndicat SIT.

Avant d’en venir à ceux-là, il vaut la peine de rappeler dans quel contexte cette mesure a été créée et les objectifs qu’elle visait. Il nous semble en effet que toute évaluation, pour éviter systématiquement et au premier accroc, de jeter le bébé avec l’eau du bain, doit tenir compte de la situation antérieure. En ce sens, il faut reconnaître que le système qui préexistait aux EdS, soit les emplois temporaires cantonaux (ETC) d’une durée maximale d’une année, n’était guère satisfaisant. Outre qu’ils étaient potentiellement menacés au plan législatif par le SECO qui avait déclaré ne plus en vouloir, les ETC ne répondaient qu’à la seule fonction de permettre aux chômeurs de rouvrir un délai cadre d’indemnisation – ce qui n’est évidemment pas négligeable. Du point de vue salarial, on était déjà dans une situation critique puisque leur revenu était compris entre 3'500 et 4'500 francs. Du point de vue de la non-concurrence avec des postes étatiques, force est encore de constater que les services de l’Etat et du secteur subventionné qui en ont fait usage les ont très souvent utilisés pour faire face aux mesures d’économies qui avaient cours parallèlement. Quant à la valeur « intégrative » de ces emplois, elle était pour le moins limitée : d’une part, la plupart des ETC finissaient par retourner au chômage, de l’autre, ils avaient souvent vécu une expérience de travail peu enrichissante, aussi bien au plan de son contenu, que de l’ambiance (la durée limitée de leur poste ainsi que leur substitution à des emplois « normaux » n’étaient pas de nature à faciliter leur intégration dans les collectifs de travail).

Dans cette optique, l’idée de créer des postes de travail à durée indéterminée, de « vrais emplois », pour les proposer à des chômeurs en fin de droit pouvait légitimement apparaître comme un progrès. Par contre, et c’est probablement l’erreur de conception initiale du dispositif qui explique le plus grand nombre des problèmes que l’on rencontre aujourd’hui - d’autres sont apparus par la suite aux niveaux opérationnel et de gestion des EdS - il y a eu d’emblée une volonté pour le moins paradoxale autour de la finalité de ces emplois. En effet, il était annoncé que ceux-là devaient constituer un tremplin vers le « premier » marché de l’emploi. Or, mélanger dans le même dispositif « vrais emplois » et « mesures d’insertion » ne peut que mener à la situation actuelle, globalement décevante (voir le Blog de Sandrine Salerno).

Il faut en effet impérativement distinguer ces deux dimensions qui constituent toutes deux des problématiques prioritaires mais qui appellent des réponses assez différentes même si elles sont intrinsèquement liées. D’une part, il y a l’emploi dont on manque globalement à Genève, avec une spécificité d’un marché très segmenté, d’un côté très dynamique dans les secteurs à haute valeur ajoutée et personnel hautement qualifié, de l’autre, dans les secteurs à faible qualification, un marché très tendu et sous la menace permanente de sous-enchère salariale. De l’autre, il y a la (ré)insertion professionnelle, qui demande une « mise à niveau » de salariés qui, pour mille raisons différentes se retrouvent à ne plus répondre aux critères actuels d’ « employabilité ». Et les deux problématiques se recoupent dans le sens où les moyens qui sont donnés à la réinsertion sont souvent insuffisants pour se rendre employable autrement que sur un marché où il n’y a pas d’offre d’emplois.

C’est donc là qu’il faut mettre en place une politique différente. En créant d’une part des postes de travail qui répondent aux besoins non-solvables de la population, que ce soit au sein de l’Etat ou d’associations subventionnées, mais qui soient de vrais emplois au sens du respect des conditions salariales de l’entreprise. De l’autre, en renforçant les mesures d’insertion par le travail comme les AIT et les ARE (subventionnement du salaire de manière limitée dans le temps) par l’adjonction de mesures de formation et de coaching, que ces retours au travail se fassent sur le marché primaire ou secondaire (« complémentaire ») de l’emploi.

mardi 10 septembre 2013

Faut-il supprimer l'interpartis en matière d'élections judiciaires?

Interpartis.JPG

Pour tenter d'y répondre, il faut déjà poser correctement le cadre. Premièrement, la commission interpartis n'a pas d'existence légale et ne pourra donc être supprimée que par la volonté de ceux qui l'animent. Deuxièmement son rôle a été, dans les faits et contrairement à ce qui est affirmé, plutôt de dépolitiser la magistrature en évitant, dans la plupart des cas, l'élection par le peuple - par le biais d'une sélection d'autant de candidats qu'il y a de postes, ce qui conduit à une élection tacite. On peut évidemment déplorer ce "déni démocratique", mais on ne peut faire semblant que l'élection directe par l'ensemble du corps électoral aurait été moins partisane, dès lors que nos systèmes électoraux laissent peu de chances à des candidatures isolées "hors parti". Par ailleurs, force est de constater que l'orthodoxie politique des magistrats n'a jamais pesé trop lourd dans leur sélection par leurs partis respectifs - en témoignent les adhésions "opportunistes" et les changements non moins "opportunistes" au moment de la disparition de leur parti de la scène parlementaire.
N'en demeure pas moins la véritable question, qui dépasse largement le cas du pouvoir judiciaire, celle du contrôle démocratique de nos institutions. Et là il faut bien constater que le MCG, une fois de plus n'apporte guère de réponse.
Moi non plus, pour l'instant, mais je n'ai pas posé la question;)

dimanche 1 septembre 2013

Grand Conseil genevois 2013: ma candidature

Les gens de mon pays balisent
Leur territoire, leurs entreprises
Les gens de mon pays grelottent
Même à la canicule
Ils voudraient mettre une paire de menottes
Tant leurs démons les brûlent
{...}
Les gens de mon pays s'enferment
Se barricadent l'épiderme
Les gens de mon pays s'enfoncent
Ils piétinent les fleurs
Ils n'offrent plus rien que des ronces
Au nouveau visiteur
{...}
Les gens de mon pays s'inquiètent
Qui vend le pain ? Qui mange les miettes ?
Les gens de mon pays frissonnent
Mais plus pour la passion
Et les vieux refrains qu'ils entonnent
C'est d'la poudre en canon :
{...}
A regarder s'affoler les gens... goisse
A regarder s'affoler les gens... pleure
A regarder s'affoler les gens... rage
A regarder s'affoler les gens... meurs

(extrait de « Les gens de mon pays » de Nicholas Bacchus)

Socialiste de longue date, j'ai toujours eu à cœur de penser et d'agir pour un monde plus juste, plus accueillant et plus épanouissant. Que ce soit comme chercheur à l'université, en tant que secrétaire syndical au SIT ou, aujourd’hui, comme responsable d'une association de défense des personnes souffrant de troubles psychiques (Pro Mente Sana). Je tiens de la complexité de nos sociétés qu'il nous faut, pour avancer, de fortes convictions et un solide sens de l'analyse. Les défis contemporains sont en effet de taille : refaire communauté, réaliser l’égalité, retrouver l’espérance. Et sans se cacher les contraintes que l'exigence sociale et écologique au niveau planétaire nous imposera, et sans étouffer la créativité sociale sous le bureaucratisme. A ces défis colossaux, je n'entends évidemment pas apporter de solutions miracles, qui ne pourront venir que des peuples eux-mêmes, mais consacrer mon énergie, mon expérience, ma passion des gens et de la politique pour contribuer à ce que l'on cesse d'avancer dans les mauvaises directions. Et pour cela, il faut déjà commencer par arrêter d’avoir peur.

Julien Dubouchet Corthay

Julien Dubouchet Corthay 39 ans
Marié, deux enfants
Politologue et juriste
Secrétaire associatif
Ancien syndicaliste

Parcours professionnel :

depuis juillet 2012
Secrétaire général
Pro Mente Sana, association romande

depuis mars 2007
Enseignant vacataire
HETS, Genève
Cours de droit du travail.
 

février 2005-juin 2012
Secrétaire syndical
SIT, Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs
En charge des secteurs de la santé, de l’enseignement privé et de la prévoyance professionnelle.
 

octobre 1998-septembre 2005
Assistant d'enseignement et de recherche
Université de Genève (CETEL et SES), FNRS
Recherches sur "Les représentations sociales de la sanction pénale", dirigée par les prof. Robert et Kellerhals, l’Espagne dans le cadre de la recherche "Comparative Policy Research: Explaining Policy Design for Assisted Reproductive Technologies Across Countries and Time" dirigée par le Prof. Klöti. Réalisation d'un projet pédagogique, sous la direction du Prof. Horber, autour des méthodes statistiques en sciences sociales.